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la Science et la Science seule

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cepheides

Description :

En ce début de nouveau millénaire, l'obscurantisme et la superstition reviennent en force; que ce blog - qui se veut ouvert à toutes les idées - soit un endroit de plus pour lutter ardemment contre ce cancer des temps modernes : la négation des avancées scientifiques et le retour à l'intolérance d'un passé suranné.

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LE BLOG DE CEPHEIDES


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]Pour raisons techniques, ce blog reste ouvert mais n'est
plus mis à jour.
Pour consulter le blog complet avec les articles anciens et nouveaux, cliquer sur le lien ci-après :

http://www.cepheides.fr


(99 articles publiés en date du 29 avril 2012

(dernier article publié : les anneaux de Saturne)

















* * * * *




Introduction


Je reste confondu devant l'ignorance et la mauvaise foi de certains de nos contemporains, quelquefois relayés par les médias. Les faits sont têtus, a-t-on dit, et pourtant... Certains n'hésitent pas à contester ou à remettre en cause les acquis scientifiques des années passées sous le prétexte fallacieux qu'ils ne "cadrent" pas avec leur intime conviction ou la vision qu'ils ont du Monde qui les entoure. Mais la Science n'a pas d'a priori : son unique but est la recherche de la vérité sur la manière dont est organisé l'Univers dans lequel nous vivons. La Science est toujours en mouvement, prête à chaque instant à modifier ou à rejeter telle ou telle de ses affirmations, à en approfondir d'autres, à en découvrir d'autres encore. C'est ainsi que nous arrivons progressivement à comprendre notre environnement
et ce que nous sommes. Il reste certainement beaucoup à faire mais, au fil des années et des découvertes scientifiques, nous avançons peu à peu. C'est la raison pour laquelle nous ne devons pas laisser les obscurantistes de tous bords nous voler cet incomparable acquis de connaissances : nous devons lutter de toutes nos forces contre cet ensemble hétéroclite de gens qui ne sont, au bout du compte, que des négationnistes de la Vie.
Je me propose d'ouvrir, en plusieurs chapitres, des débats que j'espère fructueux sur des sujets brûlants et qui ne devraient pas (ou plus) l'être.




















SOMMAIRE
(cliquer sur le titre du sujet pour aller sur la page où il se trouve)
THEORIE DE L'EVOLUTION
1. Evolution et créationnisme
2. évolution de l'Evolution
3. le schiste de Burgess
4. Intelligent Design
5. les extinctions de masse
6. quelques réponses aux créationnistes
7. l'oeil, organe phare de l'évolution
8. Néandertal et Sapiens, une quête de la spiritualité
9. interlude : vingt fois sur métier...
10. les mécanismes de l'Evolution
11. la disparition des grands sauriens
ASTRONOMIE
1. astronomie et astrologie
2. céphéides
3. place du Soleil dans la Galaxie
4. amas globulaires et traînards bleus
5. mort d'une étoile
6. fond diffus cosmologique
7. matière noire et énergie sombre
8. étoiles doubles et systèmes d'étoiles multiples
9. la Terre, centre du monde
10. théorie de la Relativité Générale
11. la mort du système solaire
MEDECINE
1. l'homéopathie
2. cellules-souches
BIOLOGIE
1. l'âme
PHYSIQUE
1. mécanique quantique
ETHOLOGIE
1. l'agression

















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#Posté le lundi 16 juillet 2007 06:45

Modifié le lundi 30 avril 2012 07:38

DE L'EVOLUTION : évolution et créationnisme



A tout seigneur, tout honneur, on le sait bien, une des cibles privilégiées des obscurantistes est la théorie de l'évolution (bien plus qu'une théorie, on y reviendra). Pour introduire la réflexion sur le sujet, quel meilleur moyen que de citer les premières lignes de l'article écrit par Pascal PICQ, , paléoanthropologue et maître de conférences au Collège de France, dans un numéro récent de l'excellente revue "Pour la Science" (Pour la Science, n° 357, juillet 2007, p. 40). Je le cite :
Une des plus belles avancées des connaissances en science se voit rejetée comme jamais auparavant. Le patient travail de recherche plus que centenaire d'une communauté de femmes et d'hommes de différentes nations et de diverses cultures se retrouve contesté sur des fondements que l'on croyait révolus depuis des décennies. L'une des plus grandes contributions à la pensée moderne et universelle attachée à la modernité est à nouveau menacée par l'obscurantisme : l'évolution.
Récemment, les médias se sont alarmés de la diffusion massive et ciblée de plusieurs milliers d'exemplaires d'un ouvrage richement illustré. L'auteur prétend y démontrer que la théorie de l'évolution est erronée, que toutes les espèces connues aujourd'hui sont inchangées depuis des milliards d'années, car créées comme telles. La pseudo-argumentation est aussi pauvre que fallacieuse : puisque des animaux fossiles ressemblent - en première approximation - aux animaux actuels, l'évolution n'existe pas. L'objectif du livre n'est pas d'argumenter, mais de semer le doute chez ceux qui ne connaissent pas la théorie de l'évolution. Cette offensive islamique appelle la réprobation dans nos contrées laïques. Cependant, peu de commentateurs ont souligné que cette action de propagande remarquablement exécutée vient de Turquie, le seul pays musulman officiellement laïque. Mais n'oublions pas que cette menace s'inscrit dans un mouvement plus profond, plus ancien et mieux organisé qui vient de l'Ouest : le créationnisme porté par les évangélistes fondamentalistes américains selon qui l'Univers et donc la Terre ont été créés par une intelligence supérieure, un dieu.
L'Europe laïque, dont la France, se pensait à l'abri de ces controverses d'un autre âge : erreur !
L'image représente un trilobite (voir glossaire). Franchement, quel autre moyen d'expliquer le règne de ces animaux (plusieurs dizaines de MILLIONS d'années), disparus il y a si longtemps lors d'une extinction de masse, que par la théorie de l'évolution ? Des disparitions qui concernent près de 99% des espèces ayant un jour existé... Oui mais, les créationnistes veulent à tout prix une finalité, un grand dessein organisé par quelque "grand architecte" de l'Univers (de préférence le leur) or il n'y a, à l'évidence, aucune finalité dans l'apparition, la vie puis la disparition de millions d'espèces animales, comme ça, au hasard, parce que les circonstances sont soudain devenues défavorables (qu'on se souvienne du météore du Yucatan qui décima les dinosaures : à quelques milliers de km près - une misère pour l'espace - il aurait évité la Terre, les dinos auraient été épargnés et nous ne serions pas là pour en parler...). Eh oui, n'en déplaise à certains, si le film devait repartir de zéro, comme le dit le paléontologue Gould, il est très peu probable que les mammifères - et donc les hommes - soient à nouveau sélectionnés. Parce qu'il s'agit d'une sélection qui ne tient compte que des facteurs de circonstance (adaptation ou pas à un moment donné) et que la Nature avance à l'aveugle, par tâtonnements, sans but précis. Un hasard, en somme.
Mais, après tout, moi, je veux bien que chacun ait ses propres croyances : c'est souvent le moyen de se rassurer à bon compte. Sauf que, lorsque la science explique, qu'elle démontre, qu'elle prédit même parfois, les préjugés doivent alors s'effacer. Sinon, c'est nier l'évidence. Rappelons-nous ce vieil adage de la Rome de jadis: "Jupiter rend aveugle ceux qu'il veut perdre !". Ne nous laissons pas aveugler par les faux prophètes et les gourous de pacotille.

glossaire
* trilobites : les trilobites (ou Trilobita) constituent une classe d'arthropodes marins fossiles ayant vécu durant le paléozoïque (ère primaire) du Cambrien au Permien. Les derniers trilobites ont disparu lors de l'extinction de masse à la fin du Permien, il y a 250 millions d'années. Les trilobites sont bien connus car ils sont certainement le second groupe le plus répandu de fossiles après les dinosaures. Par ailleurs, ils ont donné les fossiles les plus diversifiés : on recense entre neuf et quinze mille espèces. La plupart d'entre elles étaient des animaux marins simples et petits, qui filtraient la vase pour s'alimenter. (in Wikipedia France)
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#Posté le lundi 16 juillet 2007 06:50

Modifié le jeudi 07 mai 2009 05:28

DE L'ASTRONOMIE : astronomie et astrologie

Aussi loin que remonte l'histoire de l'Homme, il semble que sa curiosité et son imaginaire l'aient attiré vers les étoiles. Bien avant le temps du modernisme et de la technique, les Anciens avaient déjà cherché à expliquer cette profusion de joyaux scintillants qui parsemaient leurs ciels nocturnes ; ils désiraient comprendre la signification profonde de ces décors en apparence mobiles au fil des nuits mais suffisamment fixes toutefois pour revenir, immuables et lointains, selon le rythme des saisons. Mélangeant science balbutiante et mystique incertaine, toutes les grandes civilisations du passé ont accordé aux étoiles une place prépondérante dans l'avancée de leurs destinées et, afin de les mieux repérer, les ont répertoriées selon des critères qui, tous, faisaient appel à des constructions théoriques. C'est ainsi que, traçant des lignes imaginaires reliant ces soleils dont ils ne comprenaient pas encore la nature, leurs savants ont édifié de subtiles constructions géocentriques : les constellations. Que ces lignes abstraites, unissant des étoiles sans lien aucun, ne soient identifiables que de la Terre seule n'avait aucune importance aux yeux des habitants puisque leur unique univers était leur planète. Ces repères servaient essentiellement aux voyageurs de la Terre des origines – les caravanes traversant les étendues désertiques puis les marins s'aventurant sur des mers inconnues – ainsi qu'à quelques astronomes des Religions.
Pour calmer son angoisse existentielle, l'Homme a toujours eu besoin de s'en rapporter à des instances supérieures, inaccessibles, et dont les seules traces de leur existence résident dans des « signaux » qu'il convenait d'interpréter. Les étoiles ont longtemps tenu ce rôle puisque l'on ignorait tout de leur vraie nature : jusqu'à encore peu, la plupart pensait qu'il s'agissait, suivant Ptolémée, de « joyaux » accrochés sur une sphère extérieure à la Terre. L'astronomie a heureusement remis tout cela en perspective. Ah, l'astronomie... Certainement une des plus belles disciplines scientifiques - qui ne peut qu'observer et jamais toucher (ou si peu) - et qui révèle tout le génie de l'Homme, capable, à force d'observations et de contre-observations, d'expériences indirectes et de développement de ses outils d'analyse, de suggérer, de prédire, de comprendre enfin.
Venue des temps anciens, et hélas seulement séparée d'elle par une lettre, l'astrologie croit pouvoir expliquer l'Univers et surtout anticiper l'avenir. A l'échelle de l'individu, elle prétend prédire le futur des uns et des autres, comme si celui-ci était inscrit par avance dans un grand dictionnaire de l'Humanité. Quels matériaux utilise-t-elle pour asseoir ses certitudes ? Les étoiles, évidemment, ou plus précisément leur agencement sous la forme de constellations ce qui, on l'a dit, relève de l'absurde : une constellation n'est qu'une vue théorique, créée par l'Homme pour repérer plus facilement les étoiles depuis la Terre et ne représentant rien de réel.
Prenons un exemple : la constellation du Scorpion, surtout visible de l'hémisphère austral. On peut la décrire de deux manières : littéraire ou astronomique.
* littéraire (j'ai écrit ces lignes il y a quelques années) : le Scorpion est une superbe constellation, peut-être une des plus remarquables qu'il soit donné d'observer par une belle nuit sans lune. Il est dominé par la géante rouge Antarès, une immense étoile incandescente, surveillée de près par les scientifiques redoutant sa transformation possible en supernova. Antarès unit la tête de l'arachnide à son corps et par sa magnificence éclipse tous ses autres partenaires imaginaires. C'est ainsi que l'½il même averti n'accorde guère d'attention aux derniers astres de la constellation, ceux qui composent la queue recourbée du prédateur céleste, notamment Shaula, l'ultime soleil du groupe, la pointe du dard dans le bestiaire cosmique des anciens.
* astronomique : la constellation du Scorpion, traversée par l'écliptique et appartenant de ce fait au zodiaque, s'inscrit surtout dans une très riche région de la Voie Lactée. Antarès est l'étoile la plus brillante de la constellation du Scorpion. Géante rouge de type spectral M1 en fin d'existence, elle nous apparaît bien rouge (son nom, qui signifie Rivale de Mars, se réfère à cette caractéristique). Elle est située à 700 années-lumière et sa magnitude absolue est autour de -5,28, soit une luminosité 10 000 fois supérieure à celle du Soleil. Les autres étoiles composant cette constellation sont respectivement : Argas (distance : 270 années-lumière ou al) ; Epsilon (distance : 65 al). Kappa (distante de 500 al) ; Upsilon (à 500 al) ; Tau (400 al) ; Pi (à 500 al) ; Acrab ; Dschubba ; Lesath, autre étoile multiple, (108 al) ; Alniyat, étoile massive bleue à 800 al ; Grafias correspondant à deux étoiles rapprochées par la perspective : Dzêta-1 Scorpii, supergéante bleue et Dzêta-2 Sco, une géante rouge, éloignée de 116 al, qui brille comme cent mille soleils et est 60 fois plus massive que le nôtre ; Shaula en fait trois étoiles associées distantes de 700 al ; Xi Scorpii, étoile double, à 68 al. (sources : Imago Mundi, http://www.cosmovisions.com/sco.htm).
On comprend bien que ces étoiles n'ont absolument rien en commun mise à part leur proximité apparente dans un coin de notre ciel terrestre. Certaines d'entre elles sont très éloignées et très lumineuses, d'autres plus proches mais moins brillantes. Une illusion géométrique...
Ce qui est vrai pour le Scorpion l'est aussi pour toutes les autres constellations. Dès lors, comment ces corps célestes épars pourraient-ils avoir une quelconque influence sur nos destinées ? Non, le Zodiaque est une construction imaginaire héritée d'un passé d'ignorance. L'astrologie aussi...

Glossaire
* écliptique : grand cercle sur la sphère céleste représentant la trajectoire annuelle du soleil vue de la Terre
* Zodiaque : le zodiaque est le nom de la zone dans les cieux autour de l'écliptique où sont observés les déplacements du Soleil ainsi que des planètes. Le nom « zodiaque » vient du mot grec zodiakos, « cercle de petits animaux » Ce nom vient de ce que toutes les constellations du Zodiaque (sauf la Balance, anciennement partie du Scorpion) figurent des créatures vivantes.
* magnitude : en astronomie, la magnitude mesure la luminosité - depuis la Terre - d'une étoile, d'une planète ou d'un autre objet céleste. Elle peut-être apparente ou absolue. Cette grandeur a la particularité d'avoir une échelle logarithmique inverse.
* année-lumière : c'est la distance parcourue par un photon (ou plus simplement la lumière) dans le vide, en dehors de tout champ gravitationnel ou magnétique, en une année julienne (365,25 jours ; soit : 31 557 600 secondes). La vitesse de la lumière dans le vide étant (par définition) de 299 792, 458 km/s, une année-lumière est approximativement égale à 9 460 milliards de km.
image = jeunes étoiles dans M 103 (amas ouvert dans Cassiopée)
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#Posté le lundi 16 juillet 2007 15:06

Modifié le samedi 09 février 2008 09:47

DE LA MEDECINE : l'homéopathie

Médecin de l'Industrie pharmaceutique une partie de ma carrière et médecin généraliste par la suite (je le suis encore), j'ai été assez tôt confronté à l'évaluation des « autres médecines », une demande assez fréquente de la part des patients. Je dois tout d'abord dire qu'on classe sous le vocable de « médecines parallèles » (ou médecines alternatives, ou médecines douces) nombre de disciplines qui n'ont le plus souvent aucun rapport les unes avec les autres : quoi de commun (à part le fait de prétendre soigner) entre l'acupuncture, l'auriculothérapie, la chiropraxie, la relaxation transcendantale, la balnéothérapie, la musicothérapie, etc., toutes à risque quand elles sont utilisées hors de leurs possibilités ? Sans oublier un certain nombre d'autres matières plus ou moins exotiques provenant de l'étranger... Elles méritent toutes qu'on s'intéresse à elles individuellement, aussi, pour commencer, je me propose d'évoquer le cas – très français – de l'homéopathie.

1. L'homéopathie : ses principes de base
Le terme homéopathie, inventé par le médecin saxon Samuel Hahnemann, s'oppose au terme allopathie (la médecine classique), également inventé par lui ; l'observation des symptômes provoqués chez un sujet sain par une substance permet, sous certaines conditions de dilution, de soigner un sujet malade qui présente des symptômes semblables.
En allopathie, une molécule identifiée par sa formule doit être présente dans le médicament pour que ce dernier ait une action tandis qu'en homéopathie ou hom½opathie (du grec όμοιος / hómoios, « similaire » et πάθος / páthos, « souffrance ») le médicament est basé sur le « principe de similitude »
Les bases de l'homéopathie ont été posées en 1796 par Hahnemann (1755-1843) et s'organisent selon lui, en un principe et deux corollaires :
* le principe de « similitude » : la cure d'un ensemble de symptômes est apportée par une substance qui provoque des signes semblables chez un sujet sain, selon le principe similia similibus curantur (en latin « les semblables sont guéris par les plus semblables ») ;
* l'« adaptation » du traitement au patient : l'application du principe de similitude, puis sa vérification, ont lieu chaque fois que la recherche du remède le plus semblable a été effectuée de manière consciencieuse par le praticien. Chaque traitement est personnalisé à chaque patient, quel que soit le nom de la maladie, la recherche de la « totalité » des symptômes présentés par le patient étant au centre de la méthode. Elle explique la longueur du dialogue entre le médecin et le patient. L'étape d'observation des symptômes provoqués par une substance chez l'individu sain, qui précède toujours l'application du principe de similitude, et sa retranscription correspond à l'établissement d'une pathogénésie.
* la « dynamisation » : ce second corollaire est expérimental. Le principe actif subit des dynamisations, terme désignant des dilutions répétées associées à des « succussions » : la préparation est secouée à chaque dilution.

2. Efficacité d'un traitement
C'est ici que l'affaire se complique car, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'efficacité d'un traitement ou d'un médicament est – sauf cas finalement assez rare – relativement difficile à prouver. Cette difficulté provient de ce qu'on appelle « l'effet placebo ».

3. Effet placebo
Émile Coué (1857-1926) est l'initiateur et le concepteur du placebo : substance sans principe actif mais qui, en raison de son aspect, peut agir par un mécanisme psychologique sur un sujet croyant prendre une substance thérapeutique. Du coup, on peut parler « d'effet placebo », c'est-à dire le résultat positif obtenu sur un sujet par l'administration d'un placebo. Rappelons que Placebo est un mot latin qui correspond à la forme conjuguée du verbe placere (plaire) à la première personne du singulier du futur de l'indicatif. De ce fait, en pharmacologie, un placebo est un médicament reconstitué sans le principe actif et en médecine, un effet placebo est un processus psychophysiologique d'« auto-guérison ».
On comprend dès lors toute la difficulté de l'appréciation de la part qui revient, dans la guérison d'un patient, à l'effet pharmacologique réel d'un médicament et au simple effet placebo. Pour contourner ce biais, les fabricants de médicaments (fortement « sollicités » par les Autorités compétentes) ont donc dû mettre en place toute une batterie de tests expérimentaux destinés à gommer, autant que faire se peut, cet effet placebo.

4. Évaluation de l'activité d'un médicament
Après avoir été « repérée » comme potentiellement active (par l'observation, par déduction chimicopharmacologique, par screening, etc.), la nouvelle molécule subit une première estimation effectuée sur l'animal (qui diffère selon l'action pharmacologique attendue) et, plus souvent aujourd'hui – mais ce n'est pas toujours possible – sur des cultures cellulaires. On peut ainsi apprécier son éventuelle toxicité (et de nombreuses molécules étudiées ne passent pas cette première barrière).
L'étape suivante est la première administration du futur médicament, presque toujours sur des volontaires dits sains, qui vient conforter ce que l'on savait de l'expérimentation animale.
Vient alors le moment de l'administration à de vrais malades, des malades souffrant de l'affection pour laquelle on pense que la molécule pourrait les aider. C'est à ce stade qu'on va essayer d'empêcher l'effet placebo rapporté plus haut. Pour ce faire, le meilleur moyen est d'administrer le médicament à une population suffisamment nombreuse d'un point de vue statistique mais en ayant recours à ce que l'on appelle une « expérimentation en double aveugle » : on donne à chacun des malades tirés au sort, soit le principe actif à tester, soit un médicament en tous points comparables mais sans le principe actif ; on parlera alors dans ce dernier cas de « groupe placebo ». Bien entendu, ni le malade, ni le médecin expérimentateur ne savent si le médicament administré est « actif » ou simplement placebo. A la fin de cette enquête, on fera une « sortie de l'anonymat » et on comparera les résultats cliniques des deux séries. Le nouveau médicament sera considéré comme apportant un « plus thérapeutique » si l'écart d'amélioration de la série active est statistiquement significatif par rapport à celui du placebo.
On comprend aisément qu'il s'agit d'une procédure lourde, coûteuse mais totalement incontournable. On estime qu'il faut environ une dizaine d'années pour effectuer l'ensemble du processus mais c'est la seule voie pour être (assez) raisonnablement sûr de ce que peut apporter le nouveau médicament.

5. Le cas particulier de l'homéopathie
Les médecins homéopathes ont toujours refusé de se plier à cette méthodologie indispensable et c'est bien là que le bât blesse... Ils s'y refusent en arguant du fait qu'un « malade homéopathique » est particulier, que ses rapports avec son médecin sont très spéciaux (principe d'adaptation), etc. Il existe, bien sûr, quelques études démontrant l'efficacité du traitement homéopathique mais elles portent sur de petits nombres de malades et leur méthodologie est douteuse. A l'inverse, les grandes études effectuées sur l'homéopathie n'ont en réalité jamais démontré une efficacité de la méthode supérieure à celle d'un simple placebo.

6. Qu'en conclure ?
Évoquons tout d'abord l'essence même de l'homéopathie qui repose notamment sur le principe de dilution : en France, les dilutions courantes vont jusqu'à 30 CH, le taux de dilution est donc de 10-60 mais dans de nombreux pays sont utilisées des dynamisations et dilutions allant jusqu'à 200 CH. Pour donner une idée plus juste, on reprend souvent cet exemple : une goutte d'eau (environ 0,05 ml) dans le lac Léman (88 900 millions de m3), cela représente une dilution d'environ 6-19, soit l'équivalent de 10 CH ; une dilution à 30 CH, elle, correspond à 1 ml d'une substance-mère dans un volume de solvant correspondant à un cube dont l'arrête est de deux millions de fois la distance entre la Terre et le Soleil...
Dans la même optique, la succussion (fait de "dynamiser" une solution diluée en l'agitant) n'a aucun fondement scientifique.
Comme, de plus, des études de bonne qualité méthodologique n'ont jamais pu être menées à bien sur cette discipline « médicale », on comprendra les réticences de beaucoup, et notamment de la majorité de la communauté scientifique, à en vanter les mérites.
Avec la Belgique, la France est le dernier pays où l'homéopathie est encore remboursée par la Sécurité sociale mais il est vrai que notre pays assure 80% du marché de ce type de médicaments... Une seule consolation : à la différence de bien des pays, l'homéopathe français doit être médecin (c'est le contraire en Suède) et on peut espérer qu'il saura se retourner vers d'autres moyens si d'aventure...
Je veux bien que certains s'en remettent à des « sciences » approximatives dès lors que leur pronostic vital n'est pas en danger mais que de temps perdu ! Or on sait depuis longtemps que ce celui-ci ne se rattrape jamais.
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#Posté le mardi 17 juillet 2007 08:16

Modifié le dimanche 10 février 2008 07:51

DE L'ASTRONOMIE : céphéides

Plusieurs lecteurs m'ayant demandé à quoi se rapportait l'intitulé de mon blog, c'est tout à fait volontiers que je fais un point d'information sur ce sujet : les céphéides sont, en effet, des étoiles bien particulières, tant du point de vue astronomique que de celui de l'histoire même de l'astronomie. Et c'est bien pour ces raisons que je les ai choisies...

1. caractéristiques des céphéides
Une céphéide est une étoile géante ou supergéante de couleur jaune dont la masse représente entre 4 à 15 fois celle du Soleil tandis qu'elle est de 100 à 30 000 fois plus lumineuse que lui. Sa caractéristique principale est que son éclat varie de manière périodique de 0,1 à 2 magnitudes (cf. glossaire II,1) selon une période fixe comprise entre 1 et 100 jours. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les céphéides sont également appelées « étoiles variables », le terme céphéide provenant de la première d'entre elles découverte dans la constellation de Céphée.
Une céphéide est une étoile jeune, plus jeune que le Soleil mais aussi plus complexe que lui. Elle doit sa lumière intense à la fusion nucléaire qui, en son centre, transforme l'hélium en carbone (pour mémoire, le Soleil transforme l'hydrogène en hélium). De ce fait, il existe chez une céphéide une alternance de contraction et de dilatation de son enveloppe externe en raison du déséquilibre entretenu par les forces de la gravité et de la pression des gaz. La conséquence en est une variation régulière de la température de surface de l'étoile et donc un changement périodique de sa luminosité. On estime que la période de variation d'éclat de ce type d'étoiles correspond à environ deux fois le temps mis par l'onde de pression pour migrer du centre à la périphérie de l'astre.
En astronomie, la relation entre la période et la luminosité d'une céphéide en ont, en quelque sorte, fait des marqueurs des échelles de distance dans l'Univers. En effet, plus une céphéide est volumineuse et plus le trajet suivi par les ondes lumineuses en son sein sera long ce qui entraîne que plus elle est lumineuse, plus sa période de variation d'éclat sera long. A partir du moment où l'on connaît la période d'une céphéide – ce qui est facilement mesurable – on peut en déduire sa luminosité intrinsèque (réelle) par la relation période-luminosité. Dès lors, il suffit de comparer la luminosité apparente de l'étoile (celle observée à partir de la Terre) à sa luminosité intrinsèque pour obtenir sa distance. Très brillantes, donc visibles de loin, les céphéides sont détectées à présent dans d'autres galaxies que la nôtre jusqu'à des distances de 80 millions d'années-lumière environ grâce au télescope spatial Hubble. Ces déterminations de distances sont essentielles au calcul de la valeur de la constante de Hubble, qui mesure le rythme d'expansion de l'Univers. On comprend donc pourquoi certains astronomes les ont appelées les « balises de l'espace ».
Voilà pour la partie exclusivement explicative du phénomène mais ce n'est pas seulement pour cette caractéristique, fut-elle exemplaire, que j'ai choisi les céphéides : elles témoignent également d'une des avancées les plus importantes en astronomie au siècle dernier.

2. histoire de la découverte des céphéides
Dans les années 1910-1920, une astronome de l'université Harvard, Henrietta Leawitt (1868-1921), remarque la présence de céphéides dans les nuages de Magellan, galaxies naines satellites de la Voie lactée. Elle se rend compte que plus elles sont brillantes, plus leur période de variation est longue. C'est elle qui va établir la relation entre la période de variation et la luminosité apparente de ces astres très particuliers, mesure qui sera pour la première fois réalisée en 1916 par son collègue Harlow Shapley (1885-1972). Par la suite, cette découverte viendra conforter les travaux d'Edwin Hubble (1889-1953), le premier à avoir compris, en 1924 et grâce au nouveau télescope du Mont Wilson, que les « nébuleuses » que l'on croyait jusqu'alors faisant partie de notre galaxie lui sont en réalité extérieures. Il pourra ensuite formuler sa fameuse « loi de Hubble », à l'origine du concept de l'expansion de l'Univers.

3. conclusion
La découverte des céphéides m'a semblé être exemplaire de ce qu'est la Science : une observation minutieuse des phénomènes qui nous entourent, de la logique et de la déduction (Hewitt), l'accélération de nos connaissances grâce au perfectionnement des techniques (le télescope du Mont Wilson) et, peut-être le plus important, le travail d'équipe. Même s'il est parfois difficile de rendre justice à tous (les travaux d'Henrietta Lewitt ne furent pas reconnus d'emblée à leur juste valeur). Il n'empêche : la Science, dans toutes ses composantes, sait évoluer, se transformer, se remettre en cause (voir mon article sur le créationnisme) et, au bout du compte, nous expliquer ce que nous sommes. C'est cela sa grandeur.


image : détail du petit nuage de Magellan (http://www.astrosurf.com/astrofil/)
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#Posté le mercredi 18 juillet 2007 08:25

Modifié le samedi 09 février 2008 09:46

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